Le sol, tu connais?

- Qu'est-ce le sol? - Les décharges - Les pollutions - Questions / réponses -
- Les préoccupations majeures -

QU'EST-CE LE SOL?

Au fait chers montagnards, nous marchons, nous nous élevons, nous évoluons sur la planète. Mais savons-nous sur quoi nous marchons? Élémentaire, mon Cher Watson: nous marchons sur le sol.
Mais encore, qu'est-ce le sol? Que se passe-t-il sous nos pieds?

Le sol c'est un peu comme l'épiderme de la Terre. Au dessus nous trouvons: arbres, végétaux, animaux, humains. Dans le sol nous trouvons: insectes, bactéries, limaces, racines et autres écosystèmes complexes. Plus bas nous trouvons pricipalement des roches minérales, dites roches-mères.

Heureusement que nous sommes des milliards pour porter tout ça!Le sol se constitue à partir d'une roche-mère qui s'altère et se transforme sous les effets conjugués des vies animales et végétales auxquelles s'ajoutent les actions de l'eau et de l'air. Pour atteindre un cm2 d'épaisseur, un sol peut mettre entre 50 et 1000 ans, voir 2000 ans dans certains cas. Son renouvellement est difficile et très lent. Il recouvre les 2/3 des terres émergées mais seules 15 % environ de ces dernières sont cultivables. Le sol est méconnu par les humains. Plus de 99% des gens, qu'ils soient enseignants ou décideurs ne savent pas définir un sol.

Si l'on mettait bout à bout toutes les créatures vivantes se trouvant dans un mètre carré de sol et d'épaisseur jusqu'à la roche-mère, on obtiendrait une longuer correspondant à plus de 4 fois la circonférence de la Terre. Si par ailleurs, on se mettait à peser toutes les créatures vivantes situées dans le sol d'un pâturage, on obtiendrait un poids correspndant à celui de toutes les vaches paissant sur ce pâturage.

Une autre réflexion nous amène à constater que sur Terre nous avons l'air et l'eau et sous nos pieds: le sol. Nous respirons l'air et buvons l'eau. Mais le sol nous rebute un peu. Pour le toucher, il faut se baisser.... Si on touche le sol, on se salit les mains et généralements on y enterre nos morts.

Alors ce sol, cette terre c'est quoi? On distingue deux termes principaux:
- Le mot «sol»: c'est la réalité physique sur laquelle nous marchons. Dans le sol nous trouvons les germes à partir desquels les arbres et végétaux prennent la force de se développer au dessus de la surface et procurer nourriture, oxygène et précipitations indispensables à la vie.
- Le mot «terre» qui au sens historique (adama en ancien hébreux) nous rappelle d'où Adam a été tiré.

L'épaisseur du sol sur Terre est variable. Elle est de 1 à 2 mm dans les zones laissées récemment à découvert par le retrait des glaciers à 3-4m dans les régions tropicales. Dans les zones tempérées (Europe centrale et méridionale) elle est de 1 à 1,5m. Ces différentes épaisseurs s'expliquent par la chronologie du retrait des glaciers à la fin de la dernière période glacière, il y a 16000 ans environ.
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LES DÉCHARGES:

De tout temps les hommes ont enterré leurs déchets. Souvent de manière désordonnée et sauvage ces dépôts sont appelées: décharges. Dans le sol de notre Terre nous en trouvons plusieurs dizaines de milliers. Ces décharges menacent des zones entières en polluant air, eau, terrains et en provoquant souvent de graves maladies aux populations.

Voulant rester positfs, nous résumons ci-après à titre d'exemple, la situation en voie d'assainissement d'une décharge qui recèle en Suisse à Bonfol, près de la frontière française, 114000 tonnes de déchets chimiques déversés en 50 ans environ par l'industrie chimique de Bâle, fleuron incontesté du savoir faire industriel mondial. Aux produits chimiques, dont on ignore la composition précise se sont ajoutés des déchtes de nature indéterminée provenant de l'armée suisse. La pollution, ne connaissant pas de frontières, transite par l'air et par l'eau des ruisseaux et rivières en polluant la France voisine dans le Territoire de Belfort.Bien, les hommes....

Après «x» batailles judiciaires, au cours desquelles les pollueurs ont tenté d'évincer puis de minimiser leurs responsabilités, le démantèlement de la décharge a été imposée aux pollueurs et à leurs frais. Ainsi, pour une somme estimée à 180 M€, l'industrie chimique bâloise videra la décharge et fera incinérer en Allemagne la totalité des produits extraits sur une période de 8 ans.

Pour cela il faut construire:
- Un hangar pressurisé recouvrant toute la surface de la décharge (pour éviter de polluer l'air lors des manipulations des déchets pendant l'extraction et les diverses opérations sur ceux-ci).
- Une ligne particulière de chemin de fer pour faciliter le regroupement, l'emballage et la réexpédition des substances prélevées.

À tout cela il faut ajouter 10 à 30 ans pour que les nappes et les terrains situés à l'aval de la décharge retrouvent uns situation saine. L'ignorance, l'inconscience sur les conséquences des actions humaines ainsi que l'appât de gains immédiats entraînent, au delà des risques sanitaires, des dépenses substantiellement plus élevées que si les opérations avaient été faites correctement dès le départ.

Sur Terre donc, des milliers de décharges continuent leurs sinistre travail. Depuis peu, la bonne nouvelle est que dans les pays dits développés on commence sérieusement à en prendre conscience, grâce aux associations de défense de l'environnement et à l'implication d'une partie de plus en plus importante des populations.
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LES POLLUTIONS:

Nous montagnards sommes responsables des détritus que nous laissons dans la nature. Ils sont absorbés petit à petit. Voir. La situation est loin d'être satisfaisante. D'autant plus que certains énergumènes laissent leurs déchets en milieu enneigé. Dès qu'une nouvelle chute de neige recouvre les déchets tout semble beau. Sauf que les détritus restent et se détruisent beaucoup plus lentement qu'en milieu sans neige.

Parmi les véhicules transportant les polluants du sol nous trouvons principalement l'eau et l'air. Par leurs actions permanentes, les produits chimiques se répandent dans les sols de manière inquiétantes.

QUELQUES QUESTIONS-RÉPONSES:

La Terre ne souffre-t-elle pas du bétonnage excessif?
En piétinant le sol, l'empêchons-nous de respirer? Lui portons-nous atteinte?
Généralement les sols en montagne sont-ils pollués?

Les stations de ski qui s'étendent respectent-elles les quotas en matière de couverture forestale?
Où vont les produits chimiques qui sont dans notre corps? Vont-ils dans les nappes phréatiques?
Le sol peut-il nourrir tout le monde?
Les paysans de montagne exploitent-ils correctement leurs sols?
Quelle est la différence entre un sol «bio» et un sol «intensif»?
L'état appauvri des sols est-il réversible? Si oui, en combien de temps?
Aujourd'hui, fait-on mieux qu'avant en matière d'actions constructives?
Les sols sont-ils pollués depuis longtemps?
Quels types de pollutions trouvet-on dans les sols?
Combien d'hectares de sol fertile sont nécessaires à l'homme pour se nourrir?
Nous savons tout mais on ne fait rien pour améliorer la situation?
On parle beaucoup du bioéthanol. Que faut-il en penser?

La Terre ne souffre-t-elle pas du bétonnage excessif (immobilier, routes et infrastructues diverses)? Le sol est-il empèché de respirer?
L'urbanisation excessive, notamment dans les pays dits développés de l'hémisphère nord, est une des atteintes majeures du sol. La société doit repenser sa relation avec la Terre par l'intermédiaire d'un aménagement respectueux du territoire.
Un chiffre: dans les pays développés, en raison du bétonnage (constructions, urbanisation, centres commerciaux, infrastructures) il disparait 1m2 de sol par seconde.
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Est-ce inéluctable?
Rien n'est inéluctable. Pour améliorer le futur, nous devons prendre conscience des situations et agir tant dans sa spère privée qu'en agissant auprès des décideurs et des politiques. Critiquer sans agir, reste stérile.

En piétinant le sol, l'empêchons-nous de respirer? Lui portons-nous atteinte?
Oui, mais ce n'est pas un problème général. Exemple: si de nombreux touristes viennent à marcher sur une tourbière (constituée par un sol organique, humide et compactable), cela peut être un problème grave. Mais se promener dans la nature, en marchant sur le sol, ne crée pas de dysfonctionnements notables. Par contre, la compaction des sols agricoles et par les chantiers empêche le sol de respirer. Les animaux et végétaux dans le sol ne peuvent plus y vivre. Dans ce cas le sol est stérilisé.
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Généralement les sols en montagne sont-ils pollués?
Pour qu'il y ait sol, il faut qu'il y ait vie (palntes, animaux). En haute montagne on trouve principalement sable, rochers et glaciers.
Dès 1985 en Suisse, a été mis en place un réseau national de surveillance des sols sur tout le territoire. Le réseau est composé de 105 sites de surveillance permanents. Il est disséminé dans les différents ecosystèmes-type connus. Les échantillons de chaque site sont prélevés, analysés et comparés. Un des résultats majeurs est la constatation qu'aucun sol ne présente des valeurs inférieurs à la norme en matière de polluants. L'air ne connait pas de frontières. Il n'y a pas que Tchernobyl. La corrosion des toits, des maisons et immeubles, l'usure des véhicules, des peintures et le transport des métaux lourds sont assurés par l'air et les vents qui les déposent sur les sols.Pollution humaine
En France, le CEMAGREF (organisme public de recherche sur la gestion des eaux et des territoires) définit et oriente, à l'aide de ses études et recherches, les connaissances nouvelles et innovations techniques utilisées par les gestionnaires vers la production , les décideurs et les entreprises. Le but: répondre à des questions concrètes de société dans les domaines de la gestion des ressources, de l’aménagement et de l’utilisation de l’espace. À ce titre dans ses études, le Cemagref indique dans son module DYMON consacré à la
Dynamique et gestion des écosystèmes montagnards:
**** - Les évolutions du contexte ont profondément modifié les modes d'utilisation des ressources et des territoires. C'est notamment le cas en milieux montagnards où les pratiques et les systèmes traditionnels se sont notablement transformés ou ont parfois même disparu. Cette baisse plus ou moins marquée de l’influence anthropique agit sur les régimes de perturbation et la productivité des milieux, ce qui se traduit par une forte évolution des écosystèmes et des paysages.
Pendant le même temps, certains espaces naturels ont été fortement investis par les activités non agricoles (stations de ski, zones périurbaines, industrielles, infrastructures de communication) générant des perturbations intenses et d’une nature inédite au sein de ces milieux. Ces mutations profondes posent de nouvelles questions pour la gestion du patrimoine naturel souvent très directement liées aux modalités de mise en oeuvre des nouvelles politiques.
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Par ailleurs, Le Fonds national suisse au service de la recherche scientifique (FNS) indique dans son communiqué de presse du 12 septembre 2006:

- Les interventions de l'homme sont susceptibles de perturber à long terme les écosystèmes alpins -
«Les écosystèmes des montagnes manquent cruellement de flexibilité pour réagir aux interventions de l'homme. Une fois perturbés, ils ne retrouvent que très lentement leur état initial - si toutefois ils y parviennent. C'est ce que confirme une étude du Programme national de recherche «Paysages et habitats de l'arc alpin», qui s'est penchée sur l'évolution de la végétation et des sols des parcelles expérimentales de la «Schynige Platte». Les résultats de cette expérience unique en son genre au plan mondial montrent qu'il a suffi d'un apport de chaux dans les années 1930 pour perturber sur des décennies la richesse des espèces végétales alpines, ainsi que les propriétés chimiques et microbiennes des sols.»

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Les stations de ski qui s'étendent respectent-elles les quotas en matière de couverture forestale?
La déforestation des montagnes au profit des domaines skiables semble assez modeste en Europoe, sauf au plan de l'esthétique environnementale. Par contre la vigilance doit être constante, vu les projets pharanoïques de certaines stations. L'mpact par contre des nuisances pour le sol semble nettement plus inquiétant par l'utilisation intensive des canons à neige sur le pistes de ski. L'utilisation de produits du type Snowmax sans aucune étude sérieuse en la matière s'est généralisée ces dernières années. Dans le Bilan et Propositions sur les 20 ans de la Loi Montagne (1985-2005) en France on peut lire:

«L'utilisation d'additif tel que le «Snowmax» pour améliorer la production de la neige artificielle, ajouterait aux perturbations en favorisant le développement de bactéries modifiant la composition des sols et la qualité des eaux de montagne. Le gouvernement Français a demandé un examen sur le sujet à l'Agence Française de Sécurité Sanitaire sur le sujet. Loin de représenter une solution alternative, la création de réserves d’eau et de retenues collinaires détourne une part importante de la ressource en eau et détruit les paysages d'altitude.»

On peut légitimement s'inquiéter par ailleurs sur l'utilisation des nitrates d'ammonium sur les pistes de compétitions de ski. À titre d'exemple, le 13/01/2007 les organisateurs d'une compétition de slalom comptant pour la Coupe du Monde 2006-2007 de ski à Wengen (Suisse) ont utilisé 1,5 tonnes de ce produit pour assurer de déroulement de l'épreuve. Lire
Il reste un peu d'arbres?Selon l'enneigement et les températures dans la saison de ski, sur le domaine skiable en France sont utilisés chaque année entre 750000 et 1,3 millions de m3 d'eau. Les défenseurs du système insistent sur le fait que l'eau prélevée est rendue au sol par l'élèvation des températures au printemps et au début de l'été. Plusieurs bémols viennent tempérer ces affirmations: d'une part, les additifs chimiques utilisés restents dans les sols. L'évaporation naturelle empêche que 60% minimum de cette eau s'infiltre dans les sols. Enfin: s'il n'y avait pas de fabrication de neige artificielle, les sols (notamment de plaine) recevraient beaucoup plus d'eau et avec elle un impact certain dans l'amélioration de leur fertilité. Il faut savoir aussi que, l'électricité nécessaire pour transformer cette eau et la souffler sur les pistes de ski, équivaut à la consommation domestique de 1,5 millions d'individus par année. Par contre, les défenseurs de ces techniques ne parlent jamais d'autres incidences induites par l'agrandissement constant des domaines skiables: l'augmentation sensible des prix du foncier. Comme quoi, dès que l'homme s'en mêle, il y a problème...

Au sujet de l'avenir des domaines skiables, l'OCDE considère actuellement que 90% des domaines skiables alpins de moyenne ou grande taille, soit 599 domaines sur 666, bénéficient d'un enneigement naturel suffisant (30 cm de neige) pendant au moins 100 jours par an. Les 10% restants sont déjà soumis à des «conditions précaires». «Une hausse de la température de 1°C, de 2°C ou de 4°C à l'avenir pourrait ramener le nombre de domaines skiables jouissant d'un enneigement fiable à 500, 400 ou respectivement 200».
Parmi les cinq pays étudiés, c'est l'Allemagne qui est «le pays le plus vulnérable»: un réchauffement de 1°C y entraînerait une baisse de 60% du nombre de domaines skiables bénéficiant d'un «enneigement naturel fiable». L'Autriche, où la moitié des revenus du secteur touristique, provient du tourisme d'hiver, «est légèrement plus sensible que la moyenne». La France est «proche de cette moyenne» et l'Italie «légèrement au-dessus».
Reste la solution, à double tranchant, de la neige artificielle surtout si elle est dopée par des additifs chimiques. Si elle peut être «rentable» pour les stations, elle «consomme beaucoup d'eau et d'énergie, et a une incidence sur les paysages et les écosystèmes».

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Pourquoi enterrent-on encore les humains, notamment des personnes qui eu des cancers et qui ont subi de lourds traitements de chimiothérapies?
Où vont les produits chimiques qui sont dans notre corps? Vont-ils dans les nappes phréatiques?
Dans les sols, donneront-ils lieu au développementde végétaux (légumes, fruits etc)?
L'autre alternative à l'enterrement des morts est l'incinération. Certaines mesures effectuées dans les environs de plusieurs crématoriums laissent apparaître une concentration anormale de plomb et de mercure. Ce métal semble provenir des travaux de plombage dentaire effectués sur les patients incinérés après leur décès. Ces constatations pourraient conduire dans le futur à équiper les crématoriums de filtres à particules... Néanmoins, à comparer des pollutions industrielles, chauffage et trafic routier, ce type de pollution peut être considéré de "secondaire". Nous devrions donc continuer à enterrer nos morts. Il faut se rappeler que le retour à la terre est le devenir de toute matière organique. Biologiquement, le retour à la terre est donc normal.

Cultiver, c'est exporter les richesses du sol. Sur terre nous sommes plus de 6 milliards à nous nourrir. Le sol peut-il nourrir tout le monde? Quel avenir dans ce domaine?Moi, je veille aussi
Les sols vraiment fertiles représentent ~15% de la surface émergée de la Terre. Seulement la moitié est exploitée. Il y a donc de la marge. Attention toutefois: ce n'est pas la quantité mais la manière d'exploiter les sols qui est importante. Les exploitations intensives, les monocultures appauvrissent le sol. Et c'est là que le bât blesse. Si les sols deviennent trop pauvres en matières organiques, exit la biodiversité. Ces appauvrissements alliés aux changements climatiques et aux déforestations intensives font certes la part belle aux gains à court terme mais hypothèquent le futur d'une bonne part des humains.
Un exemple frappant consiste dans la situation de la culture du soja en Amérique du Sud. En Argentine, Bolivie, Brésil et Paraguay en quelques années la production du soja a plus que doublé. Face à la demande croissante du soja dans le monde entier, les autorités brésiliennes ont décidé une intensification hors du commun de ce type de culture. A l'horizon 2020, le développement de la culture du soja en Amérique du Sud mettra en péril quelque 22 millions d'hectares de forêts et savanes (une surface équivalente à la Grande-Bretagne). Une nouvelle étude réalisée à la demande du WWF montre cependant que la production de soja en Amérique du Sud peut être augmentée sans pour autant détruire de précieux habitats naturels. Les critères établis par la Coop, en collaboration avec le WWF, déterminent les conditions d'une culture durable du soja. Ce qui démontre bien que c'est bien l'homme, avec l'option qu'il décide de choisir, qui déterminera son propre avenir. Lire
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Les paysans de montagne exploitent-ils correctement leurs sols? Purinent-ils à bon escient? Ne polluent-ils pas les nappes souterraines, sources et ruisseaux?
Parmi les principaux polluants des sols nous trouvons en effet l'agriculture. Il faut être conscients que les paysans sont pris dans un enchevêtrement socio-économique terrible. Il serait trop facile de leur jeter la pierre. Quand nous allons dans un magasin ou une grande surface et que nous cherchons à acheter au meilleur marché, nous mettons la pression aux agriculteurs. Ils doivent produire: ils doivent vivre de cela et toute la filière les oblige à baisser les prix. Ils vont utiliser les moyens que la société met à leur disposition (engrais, pesticides, fertilisants etc.). L'agriculteur est dépendant des circuits de distribution et de la pression constante qu'il reçoit. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d'autres nous sommes tous collectivement responsables de la pollution qui, dans ce cas, passe par les agriculteurs.
L'agriculture, notamment de montagne, est du type traditionnel. La transmission des domaines se fait très souvent de père en fils. Ils restent souvent dans les mêmes familles. Les nouvelles manières, les nouvelles technologies pénètrent probablement plus lentement que dans d'autres
domaines.

Quelle est la différence entre un sol «bio» et un sol «intensif»?Tomates cultivées sur un sol biologique
Dans un sol à culture intensive on va mettre des engrais, des fertilisants, des pesticides dans le but d'améliorer le taux de productivité du sol. On va le subventionner et on va l'éloigner de son fonctionnement naturel. L'agriculture biologique travaille avec les cycles naturels. Les prélèvements dans les sols pour connaître le nombre et la diversité des organismes, révèlent que les sols biologiques ont beaucoup plus d'organismes que les sols intensifs. Un sol qui prospère est un sol où il y a de la vie. Il faut d'ailleurs laisser «respirer» les sols de temps en temps. Les agriculteurs le savent bien en alternant les cultures et en laissant même en jachère les sols pour qu'ils se régénèrent.
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L'état appauvri des sols est-il réversible? Si oui, en combien de temps?
Oui, rien n'est irréversible. En matière de réversibilité, il faut compter en dizaines, voir centaines d'années dans certains cas. Ces délais sont peu compatibles avec la fièvre de rentabilité à court terme.

Depuis quelques années il semble y avoir une certaine prise de conscience que les populations n'avaient pas auparavant. Alors aujourd'hui, fait-on mieux qu'avant? Arrive-t-on à contre-balancer la situation par la prise de conscience que nous avons?
C'est un vaste débat et même un débat de société. Nous sommes dans un système devenu incontrôlable. Avant les gens étaient organisés en petites structures. Quand quelque chose n'allait pas dans un village, on se réunissait, on discutait et on réglait le problème. Aujourd'hui, que peut-on faire par exemple quand la Bourse de New York décide des prix du soja, du café ou du coton? (voir plus haut le texte relatif à la culture intensive du soja en Amérique du Sud).
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Les sols sont-ils pollués depuis longtemps?
De tout temps l'homme a mis ses déchets dans le sol. Les Romains, par exemple, nous ont laissé des traités d'agronomie datant du 1er siècle après JC dans lesquels nous pouvons trouver des techniques s'apparentant aux concepts actuels pour la sauvegarde des sols, d'écologie etc. Nous avons par ailleurs des traceurs d'histoire du sol dans les tourbières. Les tourbières, c'est de la matière organique riche, des mousses qui poussent et ne se décomposent quasiment pas car elles sont dans un sol très humide. Tout ce qui tombe dans ce milieu est conservé. Une étude à l'Etang de la Gruère (CH) montre dans l'analyse des prélèvements qu'il y a 2000 ans il y avait déjà des pics de pollution au plomb. Cette pollution était liée directement à l'activité industrielle des Romains. Pour boire, ils utilisaient des goblets en plomb fabriqués avec des méthodes s'apparentant à l'industrie.
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Ces pics (petits pics) n'ont rien à voir avec les pics qui se sont produits après guerre, notamment à partir de la généralisation de l'addition du plomb dans l'essence. Dans les sols nous retrouvrons déjà l'histoire de l'homme et de la gestion des déchets. Nous retrouvons des pics datant de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle correspondant aux débuts de la période d'industrialisation. Dans les années 1940 nous trouvons une baisse correspondant à l'arrivée du pétrole. Puis dans les années 1950 nous constatons le pic le plus important dû au plomb introduit dans l'essence de nos chères voitures. Dès les années 1980, ce pic est en diminution. Il faut travailler sur les sources d'émission, chose qui semble admise dans les pays industrialisés. mais attention, le sol garde tout. C'est le réservoir de tout: de l'eau, de tous les éléments nutritifs; mais aussi des polluants. Il joue un rôle ambigu dans nos sociétés. Il épure l'air et l'eau qui passent dans le sol. La pluie emporte les les éléments dans le sol. Celui-ci nous rend l'eau propre, mais il garde les déchets. Nous pouvons encore respirer l'air et boire l'eau mais nous ne savons pas jusqu'à quel point. Dans ce domaine nos connaissances sont encore lacunaires.
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Quels types de pollutions trouve-t-on dans les sols?

Source de la pollution
Polluants
Epandage de boues d'épuration urbaines ou industrielles, de lisier Nitrates, phosphates, métaux lourds (1)
Utilisation de pesticides, herbicides Molécules plus ou moins persistantes
Industrie Métaux lourds (1), hydrocarbures, acides, solvants, goudrons, substances radioactives, autres molécules plus ou moins persistantes...
Retombées de la pollution atmosphérique urbaine ou industrielle Métaux lourds (1), dioxines, acides...
Stockage d'hydrocarbures (de la station-service au dépôt pétrolier)
Composants d'hydrocarbures (COV, benzène, solvants, etc.)

Hydrocarbures
Décharges
Métaux lourds (1), micro-organismes, acides, produits chimiques divers dans le cas de déchets industriels...
Dépôts de munitions, champs de bataille Molécules complexes et persistantes

En France, début 2007 on comptait 3905 sites pollués (Tableau de Bord BASOL du 4/01/2007)

Les individus se nourissent de ce que le sol produit. Sait-on, en moyenne, combien d'hectares de sol fertile sont nécessaires à l'homme pour se nourrir?
Certains calculs, qui tiennent compte de la production végétale, de l'absorbtion d'eau, d'air, d'oxygène, besoin en pâturages etc. disent qu'i faudrait 1,8 hectares de sol pour nourrir un habitant sur Terre. En moyenne, dans les pays d'Europe de l'ouest l'empreinte écologique moyenne par habitant (c.à.d. la consommation moyenne) est de 4,1 hectares de sol. Soit plus du double. Pour les Américains du nord, le multiplicateur est de 3,5 environ. Cela veut dire que si tous les habitants de la Terre consommaient comme les Européens de l'ouest il faudrait plus de deux planètes pour les nourrir. À fortiori, il faudrait + de 3 planètes si tous les terriens consommaient comme les Américains.
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Est-il exact de dire que, grâce aux études des scientifiques, les sensibilisations par les médias et actions des associations, nous savons tout mais on ne fait rien pour améliorer la situation?
Ce n'est pas tout à fait le cas. Il faut faire attention de ne pas tomber dans le catastrophisme. Face aux dangers environnementaux globaux que nous avons, il ne faut pas faire trop peur. Nous ne maîtrisons pas les dangers auxquels nous devons faire face. Aussi, il faut être à la fois humbles et prudents. Peut-être, il vaudrait mieux dire: «On ne sait pas tout, mais ce n'est pas vrai que nous ne faisons rien».
Par exemple on est entrain d'envisager d'utiliser les sols comme des puits de carbone. Le projet consiste, à travers la matière organique, à enfuir dans des puits creusés dans le sol l'excès de CO2. L'dée serait de rendre les sols beaucoup plus riches en y introduisant beaucoup de matières organiques très riches en carbone, ce qui ferait coup double: diminuer le carbone dans l'atmosphère et rendre les sols nettement plus fertiles sans apports de produits chimiques.

On parle beaucoup du bioéthanol qui serait destiné à remplacer l'essence nécessaire aux moteurs des voitures. Que faut-il en penser?
Le bioéthanol provient de la fermentation du sucre dans les betteraves ou cannes à sucre ou de l'amidon des blés ou maïs. Il est intéressant puisque les rejets des déchets après combustion sont plus faibles que ceux rejetés par la combustion des produits à base de pétrole. Mais ici aussi attention à ne pas aller trop loin dans les cultures intensives de différents végétaux à partir desquels le bioéthanol est extrait. L'appauvrissement des sols qui en résulterait serait aussi néfaste et catastrophique pour la biodiversité et contrebalancerait les gains par la perte de qualité des sols. Le seul avantage qui en résulterait serait de ne pas détruire, ni être tributaire des réserves mondiales de pétrole.
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LES PRÉOCCUPATIONS MAJEURES:

L'écologie traite des relations entre les êtres vivants entre eux et avec leur milieu. La recherche de solutions ne pourra désormais se faire que par une approche interprofessionnelle et interdisciplinaire. À cet égard, la seule connaissance des actions entre l'homme et l'environnement ne suffit plus. Pour collaborer au delà d'une spécialité et d'avoir la volonté d'endosser cette responsabilité, il faut acquérir les aptitudes intellectuelles et sociales nécessaires.
Les problèmes de l'environnement ont pris des dimensions globales. Ils sont intimement liés à un mode de vie qui ignore souvent les limites des milieux vitaux naturels. D'urgence, il est nécessaire de définir un style de vie empreint d'une plus grande responsabilité. Cela exige des modifications fondamentales tant au niveau des structures de la société que de la prise de conscience et des comportements individuels. Les siences de l'environnement tentent d'harmoniser les acquis de l'écologie avec les aspirations de l'homme et de trouver une voie raisonnable entre les priorités souvent divergeantes.

Ce qui précède confirme bien que l'avenir est dans les mains de tous, sans démagogie politicienne trop présente à trop de niveaux.

Méditons la citation d'une tribu indienne qui, il y a 150 ans déjà, mettait en garde les populations:

«Quand le dernier arbre sera coupé,
Quand le dernier poisson sera mangé,
Quand le dernier fleuve sera empoisonné,
Nous verrons que l'argent ne pourra plus nous nourrir»

Sources:
***- Émission "Mordicus" du 9/01/2007 de la RSR avec le concours de Héléna Havlicek, biologiste à l'Institut de Botanique (Laboratoire d'écologie végétale de l'Université de Neuchâtel (CH))
***- www.karibu.fr
***- Fonds national suisse - au service de la recherche scientifique: www.snf.ch/fr/por/por.asp
***- Programme Ecofoc (Universté de Neuchâtel -CH): www2.unine.ch
***- Journal 20 Minutes + AFP
***- Le CEMAGREF: www.cemagref.fr
***- BASOL: http://basol.environnement.gouv.fr
***- Total: www.total.com/fr/responsabilite-societale-environnementale
***- Site scolaire: http://environnement.ecoles.free.fr
***- Site perso: http://perso.orange.fr/jacques.guy

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