Le pourquoi du comment III

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Ce texte a été un des plus durs à éléborer. L'exercice consiste à dépasser l'égoïsme personnel et de la position qui consiste à penser en tant que privilégié "profitons de notre situation". L'évolution des choses étant telle qu'elle est, force est de constater que nous sommes vraiment au milieu du carrefour. Le temps n'est plus aux interrogations et aux incrédulités latentes sur les évolutions présumées sur notre terrain de prédilection: la montagne. Désormais la prise de conscience s'impose quant'aux conséquences directes de nos actions journalières en matière de comportements liés au consumérisme et à nos habitudes polluantes. Si nous continuons ainsi, nos enfants et petits enfants ne pourront que nous en vouloir. En moins d'un siècle nous aurons fait capoter ce que la nature a mis plus de 10000 ans à construire.

Le col de Bostan, 2290m et son manteau hivernalEn effet, pendant 10000 ans le thermostat de la Terre a été réglé sur une température moyenne de 14°C et cela a bien réussi à l'espèce humaine qui a pu s'organiser de manière remarquable en plantant des récoltes, en domestiquant les animaux et en construisant des demeures de plus en plus solides et agréables. Dans le courant du siècle dernier l'homme a développé une civilisation véritablement mondiale. Le thermostat de la Terre est un mécanisme complexe et délicat. En son cœur le CO2 joue un rôle essentiel. Le dioxyde de carbone, incolore et inodore joue un rôle essentiel dans l'équilibre nécessaire à la vie (humaine, animale et végétale).

Sur des planètes mortes, telles Mars et Vénus, le CO2 constitue la majeure partie de l'atmosphère. Ce serait également le cas sur Terre si les êtres vivants et les processus terrines ne le limitaient pas. Le CO2 représente dans l'état actuel des choses 3,5 parts sur 10000 dans l'atmosphère terrestre. Cette quantité, bien que modeste en apparence, exerce une influence disproportionnée sur la température de notre planète. Chaque fois que nous conduisons une voiture, prenons un avion, faisons cuire un repas ou allumons une lampe, nous créons du CO2. Comme ce gaz survit pendant environ un siècle dans l'atmosphère la proportion augmente rapidement et avec elle la température terrestre grâce à l'effet de serre.

Depuis un certain temps déjà, les scientifiques nous renseignent sur certains faits:
- Les glaciers fondent 10 fois plus vite que supposé au préalable.
- Les gaz à effet de serre atteignent dans l'atmosphère des niveaux jamais atteints depuis des millions d'années.
- La situation est désormais propice à l'intensification d'évènements météorologiques extrêmes, telles des sècheresses durables, extension des déserts et montée du niveau des mers et océans.

Dans notre terrain de jeu, la montagne, l'écroulement de rochers devient chose presque courante (Drus, Fer à Cheval, Haute Cime etc.).

Le scepticisme, comme chez la plupart d'entre nous, l'a emporté pendant un certain temps. D'ailleurs au début des années 1970, le Club de Rome dans le Rapport Meadows, annonçait la pénurie à venir des principales sources énergétiques. Il fut infirmé, grâce aux intensifications des recherches intervenues depuis. Par ailleurs il est toutefois curieux de constater qu'en matière de santé par exemple, les êtres humains se tournent de plus en plus vers la prévention. Rien ne dit en effet que nous aurons un cancer ou un accident cardiaque et pourtant nous prévenons ces risques en arrêtant de fumer, en diminuant la consommation d'aliments susceptibles de favoriser une augmentation de cholestérol et/ou en augmentant les activités sportives. En matière de santé, la seule chose qui est certaine est la mort. Pourtant nous essayons de la retarder... Le col de Bostan, 2290m en été

En matière environnementale par contre, comme le risque n'est pas immédiat, on a tendence à penser qu'on verra bien et que de toute façon nous avons peu de chances, pour autant que les scientifiques aient raison, de souffir d'une éventuelle mauvaise situation s'installant dans le courant du XXI siècle. La réflexion sur la situation à venir nous apprend que 70% des humains actuels vivront encore en 2050. Par conséquent, les changements climatiques concerneront à cette date la plupart des familles sur Terre.

Les estimations les plus optimistes nous invitent à réduire de 70% minimum les émissions de CO2 d'ici 2050. Si nous changeons notre voiture actuelle, notamment un 4 x 4, en achetant une voiture moins polluante et moins gourmande; si nous suivons notre prestataire d'électricité en acceptant une option verte et si nous suivions les politiques qui s'engagent clairement et résolument dans le combat qui commence pour la diminution effective des émissions de CO2, ce serait une prévention bien orientée qui par ailleurs ne ferait aucun mal. Ceci est d'autant plus vrai que comme d'habitude les personnes qui risqueront d'en souffrir le plus dans un premier temps ce ne seront pas les pollueurs les plus acharnés. Contrairement aux USA, Australie, Monaco et Liechtenstein, qui n'ont pas ratifé le protocole de Kyoto, les Africains du Sahel, les Berbères et Touaregs du Sahara, les Indigènes de l'Indonésie du Bangladesh ou de Birmanie auront à souffrir du manque de cultures ou de la montée des eaux.

Si nous voulons vraiement que la montagne continue à nous apporter à nous, à nos enfants et petits enfants les plaisirs que nous avons pu connaître jusqu'ici, alors agissons.

@ ciao; Albert, 65 ans en 2006

" Il y a deux possibilités pour sortir de la crise climatique actuelle, une triste et une moins triste. La triste, c'est l'élimination de l'espèce humaine… Si l'espèce humaine disparait, la cause de la crise sera écartée, les océans absorberont le surplus de gaz carbonique et la vie poursuivra son cours. Sans nous. La deuxième hypothèse, plus encourageante, serait que nous nous décidions enfin à prendre la situation en main… Des restrictions drastiques de la consommation et de la déforestation sauveraient l'humanité de la sixième extinction. Mais sommes nous capables de nous priver ? "

Hubert Reeves, astrophysicien

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