LES SAUTERELLES (au sens général)
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Chaque randonneur, même le plus didssipé, a remarqué au bord des prairies et des sentiers des insectes dont la particularité est celle de faire de grands bonds sans buts apparents. Ce sont les sauterelles, criquets et grillons. Ils semanifestent souvent de mai à septembre tout au long des randonnées de moyenne montagne.
Ces insectes ont des caractéristiques qui sont proches. Tous les trois, font partie de l' ordre des Orthoptères. Les sauterelles font partie du groupe des tettigonioidae, les criquets de celui des acridiens et les grillons du groupe des grylloidea.
Leur
morphologie est proche. Néanmoins quelques caractères simples
permettent de les distinguer facilement.

N' étant pas spécialiste en la matière, les propos de ce site se bornent à énumérer un nombre limité de caractéristiques de la grande sauterelle verte, des criquets et des grillons rencontrables aucours des randonnées.
(1) Elytres: Ailes antérieures de certains insectes. Les élytres sont rigides et recouvrent les ailes postérieures souples lorsque l’ insecte est au repos. Les élytres ne jouent pas un rôle actif dans le vol, ils se soulèvent simplement pour laisser aux ailes postérieures la liberté de mouvement.
(2) Ovopositeur ou tarière: Organe de ponte des insectes et acariens.
Les
sauterelles sont considérées comme carnassières et arboricoles.
Elles volètent plus qu' elles ne volent, du moins par rapport aux criquets.
Elles sont pourtant sont d' excellents planeurs, les vents jouant un rôle
important dans les déplacements.
La
femelle est dotée d' un ovipositeur. L' insecte est entièrement
vert, à l' exclusion d' une bande couleur rouille sur le dessus du corps
et le long de la frange supérieure des élytres. Ailes comprises
la taille de l' espèce atteint 6 cm, pour une envergure de 10 cm. De
leur côté, les grandes espèces de sauterelles exotiques
approchent les 25 cm d'envergure!
Une espèce très voisine, la "Tettigonia cantans", se
distingue par la brièveté des ailes qui atteignent tout juste
la longueur des cuisses postérieures. A noter enfin que les deux espèces
ne cohabitent pas, malgré que leurs moeurs soient comparables. La Tettigonia
cantans recherche les biotopes plutôt humides. La Tettigonia viridissima
les secs. Ce phénomène d' éviction est assz classique:
il traduit le plus souvent une dominance numérique, provenanat d'une
meilleure adaptation au milieu.
Ces
insectes étaient autrefois très communs, mais ils tendent à
se raréfier et à disparaître. Partout où l' homme
cultive, aménage, et entretient il y a régression. Ces activités
sont devenues trop souvent synonymes de traitements chimiques, et mécaniques,
incompatibles avec la survie de ce type de faune et de bien d' autres espèces
animales et végétales. S' ajoute à cela l' évolution
démographique humaine et l'urbanisation qui en est le corollaire.
La grande sauterelle peut s'accommoder de biotopes très divers, mais
pour les raisons précitées elle déserte de plus en plus
les jardins, où elle mangeait larves et doryphores, comme les terres
cultivées qu' elle fréquentait autrefois. Le même phénomène
est constaté au bords des routes et chemins systématiquement passés
au gyrobroyeur. Ces banquettes herbues et florifères sont toujours très
appréciées des insectes, d' autant plus qu'elles constituent des
zones refuges entre bitume et cultures. Au final elle se voit de plus en plus
confinée dans les friches buissonnantes, les abords de haies naturelles,
ou les lisières boisées.
La grande sauterelle est apte aux vols d' ampleur limitée. Le plus souvent
elle se déplace "à pattes", ou saute en voletant, ce
qui lui permet prospecter facilement: buissons, arbres, et arbustes.
Les sauterelles ont des tendances carnassières, et concernant Tettigonia
viridissima, on dit même que l' apport végétal est secondaire,
du moins à l' état adulte. Tout insecte qui lui tombe sous la
patte (elle saute littéralement dessus) est par principe consommable,
et il en va de même des larves, et chenilles. Elle est quasiment active
jour et nuit. Ses interminables chants crépusculaires et nocturnes en
témoignent.
La stridulation est propre au mâle, et elle est produite au niveau de
la partie basale des élytres. Concrètement, la face inférieure
de l'élytre gauche porte une nervure dotée de crêtes chitinisées
constituant l' archet. Ce dernier est en contact avec un épaississement
nervural de l' élytre droit, et c'est le frottement de ces deux zones,
associé au mouvement alternatif des élytres, qui génère
la stridulation. Le son est renforcé par des "miroirs", petites
zones élytrales amincies et transparentes.
L' appareil auditif se situe de part et d' autre des tibias antérieurs, et un peu en dessous des "genoux". Il est constitué d'une fine membrane, comparable à un tympan.
Sources:
Juin marque le début de la belle saison. Sauterelles et criquets partent à la conquête des pâturages alpins.
On compte trois familles principales vivant en haute montagne: les Tettigoniidés aux antennes longues et fines, les Cantopidés et les Acrididés aux antennes courtes et épaisses.
Les
deux dernières familles comptent de nombreuses espèces adaptées
aux climats froids.
Parmi celles-ci, le Criquet sibérien, aux pattes antérieures gonflées
comme des gants de boxe. Avec son surnom de "Popeye", il est venu
dans les Alpes à la suite des grandes glaciations du Quaternaire. Le
Criquet scalaire se particularise par son chant très soutenu. Il stridule
même en volant.
La plupart des Orthoptères rencontrés à haute altitude dans les Alpes, sont pourvus d' ailes réduites ou sont même complètement aptères (a), ce qui les rend inaptes au vol. Chez certaines espèces, on a pu mettre en évidence une corrélation étroite entre l' altitude et la réduction des ailes. Exceptions: les Criquets sibérien et scalaire qui ont des organes de vol presque normaux.
Les pattes postérieures sont moins puissantes que chez les espèces de plaine. La marche lente au sol est le procédé le plus utilisé pour se déplacer. Le cycle annuel est fortement modifié par la longueur de la période hivernale. Elle est passée à l'état d' oeuf et dure neuf mois en altitude. Le développement post-embryonnaire, la vie de l'adulte et la période de maturité sexuelle se déroulent donc en trois mois, de juillet à septembre ou début octobre au plus tard.
Certains Criquets joignent même l' utile à l' agréable en se dotant de parures très vives comme les deux espèces de Podisma. : La Podisma alpina est vert-olive teinté de roux et commune sur les myrtilles. La Podisma pedestris, est jaune strié de noir et se rencontre sur les pelouses sèches.
(a): sans ailes
Sources:
Les
grillons, sont caractérisées par des antennes filiformes, par
un long appendice servant à la ponte, l' oviscapte chez la femelle et
par le tympan placé sur le tibia de la première paire de pattes.
La stridulation émise par les seuls mâles est produite par le frottement
du bord interne des élytres. Les grillons portent à l' extrémité
de leur abdomen deux filaments appelés cerques, qui leur permettent de
se situer dans leur environnement. Les espèces les plus répandues
en Europe occidentale sont: le grillon champêtre, le
grillon domestique et le grillon des bois.
Pour
la reproduction, comme chez tous les Orthoptères,
le mâle émet un spermatophore (I). Pendant l'accouplement, il le
dépose à la base de l'ovopositeur. Peu après, celle-ci
libère elle-même les spermatozoïdes qui migrent alors dans
ses voies génitales.
La majorité des grillons pondent dans le sol, l' insecte recourbant son
abdomen de manière à présenter l' extrémité
de l' ovopositeur perpendiculairement à la surface.
Sa vision: le jeune grillon se dirige toujours vers les zones sombres. En grandissant, il perçoit la polarisation de la lumière et il apprend à s' orienter en fonction de la position du soleil. Un grillon des bois qui vivrait toujours dans l'obscurité en serait incapable. Il voit mal les formes. Pour distinguer les contours d' un arbre, il doit balancer sa tête ou son corps.
La
respiration: mécanisme de compression et d'
expansion rapide de la tête et du thorax caractérise la respiration
de certains insectes, et notamment des grillons. Un équipe du Fiel Museum
de Chicago a découvert, chez le grillon domestique et en utilisant un
accélérateur de particules l' existence d' une ventilation similaire
à celle d' une personne effectuant un exercice physique modéré.
Presque chaque seconde, ces insectes échangent jusqu' à la moitié
de l' air présent dans leurs trachées principales.
Le
chant du grillon domestique était et est toujours
très apprécié des Chinois qui les élevaient et les
élèvent encore de nos jours dans des petites cages. Des dames
de la cour impériale enfermaient des grillons dans des cages dorées
qu' elles plaçaient près de leur lit pour favoriser leur sommeil.
Pour les Chinois, cet insecte est un triple symbole: la vie,
la mort, la résurrection.
(I): spermatophore = vésicule contenant les spermatozoïdes.
Source:
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